Une banque avait licencié l'un de ses gestionnaires pour faute lourde, après l'avoir soumis à un interrogatoire de 9 heures. En parallèle, elle avait également porté plainte contre lui. La banque avait en outre donné une certaine publicité à cette affaire et exercé des pressions sur le nouvel employeur du salarié afin que celui-ci ne puisse pas conserver son emploi. On imagine que les faits reprochés au salarié étaient d'une extrême gravité. Mais le licenciement a finalement été jugé sans cause réelle et sérieuse, tandis que la chambre correctionnelle a décidé de relaxer le salarié. S'en est suivie une longue bataille judiciaire autour des dommages et intérêts à verser en raison des circonstances de la rupture.
Ce volet de l'affaire trouve aujourd'hui sa conclusion : la Cour de cassation confirme la condamnation de l'employeur à verser à son ancien gestionnaire 500 000 € de dommages et intérêts pour l'avoir soumis à un interrogatoire de 9 heures et avoir gravement obéré son avenir professionnel par la diffusion d'informations portant atteinte à sa réputation et à son honneur. Cette somme vient s'ajouter aux dommages et intérêts déjà perçus au titre du licenciement sans cause réelle et sérieuse, puisqu'elle vient réparer un préjudice distinct.