Vie des affaires
Comment restaurer l'attractivité d'un commerce physique ?
Certaines communes françaises sont parvenues à faire reculer la « décommercialisation » de leur centre-ville et ainsi diminuer le phénomène de vacance commerciale. Un rapport d'information émanant du Sénat met notamment en lumière les différents leviers commerciaux ainsi que les stratégies locales efficaces.
Le phénomène d'augmentation de la vacance commerciale, aussi appelée « décommercialisation », qui a d'abord touché les territoires ruraux et les petites villes, est désormais perceptible dans les villes moyennes et les grandes métropoles. Il concerne tant les centres-villes que les galeries marchandes ou les zones commerciales périphériques.
Un rapport d'information établi par la Commission des affaires économiques du Sénat souligne que ce phénomène s'accompagne d'une mutation profonde et rapide du commerce physique, comme en témoignent les nombreuses faillites d'enseignes vestimentaires.
Face à ces constats et sur la base d'une quarantaine d'auditions, les rapporteurs ont recensé les stratégies et actions locales qui sont parvenues à faire reculer la décommercialisation ainsi que les méthodes commerciales efficientes.
Le rapport souligne que les commerces qui se sont modernisés et adaptés aux évolutions de la consommation incitent davantage les clients à se déplacer en magasin, notamment :
-en proposant aux clients des services particuliers tels que la possibilité de réaliser un test des produits sur place ou encore une réparation rapide, des services de personnalisation ou de retouche, etc. ;
-en faisant vivre aux clients une « expérience » en magasin en leur proposant, par exemple, une scénographie spécifique ou la découverte de nouveaux produits ou en les surprenant ;
-en permettant aux clients de naviguer, sans entrave, entre l'enseigne numérique et le magasin grâce à des services hybrides tels que le click and collect, le drive ou la réservation.
Le rapport met en avant certaines actions communales ou inter-communales ayant démontré leur efficacité pour résorber la décommercialisation des centres-villes, notamment :
-la redéfinition des rues dont la vitalité commerçante est jugée essentielle, en se concentrant sur un nombre plus restreint ;
-la création de postes de manager de commerce ayant vocation à connaître le tissu local afin de proposer des animations commerciales attractives, d'anticiper les risques de vacance et de favoriser l'installation de nouveaux commerçants en veillant à la diversité de l'offre ;
-la constitution de foncières locales et la mobilisation active de la préemption afin de rendre les nombreuses surfaces commerciales inadaptées ou obsolètes, de nouveau propres à une exploitation rentable ;
-les différentes politiques locales destinées à rendre plus attractifs les centres-villes, comme la mise en place de parkings périphériques gratuits ou à prix modéré, une bonne implantation des services publics, une mise en valeur du patrimoine historique ou encore la végétalisation.
Rapport d'information de la commission des affaires économiques du Sénat « Face à la décommercialisation, réinventer le commerce physique », 1er juillet 2026
